Mise en garde.
Le texte qui accompagne les illustrations est peut-être sujet à critiques.
Il s'agit d'un récit autobiographique et le lecteur ne doit pas s'offusquer de l'orthographe, la grammaire et la syntaxe qui n'est pas toujours très correcte.
L'auteur s'excuse sincèrement auprès de celui qui aurait des reproches à lui attribuer.
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J’avais convenu de repartir cette année, une fois encore sur les chemins de Compostelle afin de me vider nouveau de toutes mes marques familières et m’imprégner à nouveau de pure nature. La recherche spirituelle n’était pas vraiment au goût du jour, mais j’étais attentif à prêter une écoute absolue à l’environnement que j’allais rencontrer.

Au départ, j’imaginais que ce chemin devrait être beaucoup plus calme que d’habitude puisqu’il sortait un peu des sentiers battus. Dans ce nouveau périple, j’avais pris la ferme résolution de marcher seul la plupart du temps. Je crois bien avoir respecter ce désir qui se trouvait être considéré comme un défi. Je me sentais dans une forme physique très acceptable. Cela ne fut pas une épreuve, mais bien au contraire comme je marchais souvent plus vite que d’autres randonneurs, je me sentais pousser des ailes.

J’ai trouvé beaucoup de sérénité sur ce chemin. D’une part par le paysage exceptionnel. Cette époque de l’année avait été vraiment bien choisie. D’autre part, par l’accueil rencontrer à chaque endroit.

La via de la Plata qui relie Séville à Astorga permet une autre approche du chemin. Seulement, quelques pèlerins la pratique. Probablement, une dizaine chaque jour et seulement au printemps. Reste donc à partir en quête et parcourir les 700 km qui relie le sud de L’Espagne au Nord.




Année 2018 - du 26 avril au 25 mai ... Arrivée à Madrid en avion...


26 avril 2018


Mon avion pour Madrid part de Bruxelles. Cette relation, ne m’as coûté qu’une somme modique car j’ai réservé mon billet sur Internet plusieurs mois à l’avance. Je reprendrai le train vers Séville car j’ai aussi un tarif de faveur sur ce trajet ayant fait ma carrière dans les chemins de fer.

Pat me conduit a Marbehan. Le train est à l’heure, je rencontre un ami qui vient d’être mis au courant de mon départ. Dans les petits villages comme Lahage, tout se sait très vite. Très discrètement, il me glisse un petit mot d’encouragement. Puis je l’invite à partager le siège d’en face, et nous discutons de mon projet. C’est un homme affable, il me quitte à Namur pour une autre correspondance. Changeant de liaison à Bruxelles Nord, je prends un train pour l’aéroport. C’est avec une demi-heure de retard que nous abordons les quais. Un évènement imprévu a perturbé le bon déroulement des opérations courantes. Peu m’importe, je suis très en avance. Lors d’un voyage de la sorte, je ne sous-estime aucun contre-temps qui pourrait mettre en péril ce départ.

Vers midi, j’enregistre mon bagage. En fait, il s’agit de mon sac à dos. Je suis obligé de le placer en soute car il ne satisfait pas aux exigences offertes par les compagnies aériennes. Après le passage en douane, il me reste encore une longue attende puisque mon avion ne décolle que dans deux heures.

J’attends avec impatience que le numéro du quai d’embarquement s’affiche sur le grand tableau d’affichage. Celui-ci, est pour l’instant vierge d’informations pouvant me servir. Il nous renseigne simplement que notre vol sera pris en compte à partir de 13h50.

A 14h15, alors que l’avion décolle à 14h35, une foule de gens s’attroupe autours de ce panneau, ne laissant que peu de place aux autres passagers qui désirent poursuivent au-delà.

Enfin, une annonce verbale vient compléter le manquement. C’est assez laconique et ne nous renseigne pas vraiment. Le communiquer se résume à ceci :
« Mesdames et messieurs notre tableau d’affichage rencontre en ce moment un défaut d’affichage. Veuillez vous renseigner auprès de votre agence de voyage pour connaitre votre quai d’embarquement. »
Cela ne fait qu’augmenter la confusion, tout le monde bondit dans tous les sens à la recherche d’un bureau de renseignement afin d’obtenir la bonne information.

Je capte une indication. Elle a été diffuser par une personne qui se rend dans la même direction que moi, celle-ci m’indique le numéro A66.

Misère, c’est situé tout au bout du couloir, celui-ci est totalement démesuré. C’est alors une course entre les passages fixes ou mobiles. Ceux-ci sont sensés accélérer le mouvement des voyageurs. Malheureusement, c’est souvent sans compter sur l’encombrement des couloirs mécaniques encourageant l’inertie des gens qui ne sont pas nécessairement pressés.

Avant d’arriver au bout de la gare, je remarque un attroupement au numéro A47. J’y remarque une inscription. Changement de programme, il s’agit de mon vol. Il reste à peine vingt minutes pour embarquer tous ce monde. Je suis toujours étonné de la quantité de personnes qui peut monter dans ces cigares volants.

Le vol reste peu attrayant, l’appareil est un A319 de construction française mais adapté pour chaque compagnie. On est très à l’étroit, je me retrouve à la place centrale et mon voisin de droite a même du mal à repartir sa forte corpulence dans son espace réservé.

Quoi qu’il en soit, l’avion décollera à l’heure. Le temps et la couverture nuageuse n’est pas pour encourager un vol tranquille. L’avion rencontre de fortes turbulences et vibre assez fortement. Mon voisin de gauche, un espagnol assez fluet, se signe. C’est peut-être par habitude afin de ne pas tenter le sort. Par chance le voyage ne dure que deux heures.

Notre approche de Madrid est très calme et l’atterrissage est parfait. Ce n’est pas la première fois que je me rends dans cette ville avec ce moyen de transport. Habituellement, nous nous arrêtons au terminal 4. Pourtant aujourd’hui, pas de bol, la situation est différente. Nous nous retrouvons au terminal 1-2-3. Cela me déroute, comment récupérer mon bagage ? D’autant, que l’on est invité à prendre un métro pour sortir.

Je cherche dans un premier temps, a rencontré un agent qui puisse me renseigner sur la façon de procéder. Eh bien oui, me dit-on, je dois emprunter la navette qui est interne à l’aéroport afin de rejoindre le terminal 4 où les bagages seront acheminés.

Au terminal 4, pas de problèmes. Je connais, le secteur et vu le temps que cela m’a pris pour arriver, les valises sont déjà en train de sortir de la bouche du portail numéro 8.

Pour sortir de l’aéroport, et emprunter un moyen public de transport, vous devez vous allouez d’une taxe de 3€ plus le coût du transport ce qui vous porte le prix à 5€. Maintenant, c’est un peu plus compliqué, car si vous n’êtes pas en possession d’une carte magnétique obtenue lors d’un voyage précèdent, celle vous coutera encore 2€ de plus, soit 7 euros.

Le train entre en gare et comme celle-ci est située au terminus, repars immédiatement dans l’autre sens. Je repasse devant le terminal 1-2-3 puis me dirige au centre de la ville. Il faut en gros environ une heure de métro. J’ai choisi de sortir à la station « Palos de la Frontera » qui est située à deux pas de la Calle de Canarias où se trouve mon logement. Celui-ci, est aussi très proche de la gare de Atocha.

Lorsque je débarque au centre-ville, il faut me resituer dans cet espace très animé. Rapidement, je reprends mes repères dans la ville et me dirige dans la rue en question. Il s’agit d’un immeuble dans une rue particulière ne comportant pas de commerces et encore moins d’hôtels. Et donc, je me retrouve un peu perplexe devant la porte d’entrée ne comportant pas de réception. C’est un peu la mode actuelle qui permet ce genre de transaction. Comme il s’agit d’appartement sans doute trop petit pour satisfaire à un logement confortable, certaines firmes proposent à la location courte un appartement assez réduit. Le temps de la location peu varié d’un à plusieurs jours. Ce lieu est en fait complètement équipé non seulement pour dormir, mais aussi comprend bien entendu une salle de bain, mais aussi une cuisinette ainsi que son matériel et aussi un coin pour manger jouxtant avec un petit salon. Mais mon problème est pour l’instant plus épineux, c’est la première fois que je me trouve devant ce cas particulier. En fait, il faut simplement téléphoner et une personne vient dans un temps variable, vous apportez les clefs et régler votre enregistrement. C’est aussi cela les réservations par Internet, sans vraiment d’interlocuteur verbal. Le prise de contact à l’arrivée peut être parfois empirique si vous ne maitriser pas correctement la langue. Mise en pratique immédiate de mes leçons d’espagnol que j’étaye tant bien que mal depuis plusieurs années.

Dés la fin de mon installation, c’est-à-dire presque immédiatement, il faut gagner la gare pour prendre une réservation. Elle doit pouvoir me permettre de me rendre avec le train rapide, qui s’appelle l’AVE, à destination de l’extrême sud de l’Espagne.

Je pénètre dans l’endroit réservé à la vente de billet. Il présente un ensemble de guichets. Un guichet est réservé à la vente du jour et une file de personnes patientent afin d’obtenir un titre de transport. Sept autres guichets sont réservés à la vente anticipative. La foule de gens qui poirotent en cet endroit est impressionnante. On vous invite à prendre un ticket d’attente à une borne d’accueil. Le numéro figurant sur le billet que je viens de prélever est le 193. Par contre le tableau affiche 736, je me demande si cela est vraiment réel, il y a plus de 500 personnes devant moi. Puisque je n’ai pas vraiment le choix, je resterai près de deux heures à attendre mon tour. D’autres personnes ont depuis longtemps abandonnés leurs perspectives et cela permet ainsi de faire avancer plus vite le compteur. Des sept guichets ouverts, rapidement, certain ferment au fil des heures. Bientôt, ceux-ci passent à cinq puis à un seul bureau ouvert. Réduisant ainsi fortement l’avancée des sollicitudes.

A 22h00, tous les bureaux seront fermés. Je guette avec inquiétude combien de personnes doivent encore être servie avant moi. A moins cinq, le numéro 193 s’affiche enfin. Il était temps, d’ailleurs je serai le dernier client. Il reste encore au moins vingt personnes derrière moi … ils reviendront demain “… lo siento, por la molestia” … Diront-ils au micro. (Désolé pour le dérangement !) Au guichet, décidément cela ne se passe pas vraiment comme je l’aurais souhaité. La société se retrouve victime de son succès. Je n’y avais pas prêté garde, mais je me retrouve face à un long weekend incluant le premier mai. Il y a une incomparable affluence de touristes qui ont prévu de descendre dans le sud.

Comme vous l’avez deviné, il n’y a plus de place dans aucun train pour le lendemain. Je suis horrifié, le premier train part à 7h30 du matin ensuite il y a un train toutes les quarante minutes pour Séville.

L’employée comprend mon embarrât, mais ne peut rien y faire, elle m’indique cependant :
- « Il me reste certaines places pour Séville mais seulement pour après-demain à 20h35, en première classe version CLUB … cela va vous coûter plus cher monsieur. Vous en réservez une ? »
- « Bien-sûr que je la prends. »
Me voilà au retour pour débourser 17€50 au lieu de 6€50 ce qui en fait ne ruinera pas considérablement mon budget. Je retourne un peu dépiter à l’appartement. N’y prenant pas garde, je parviens encore à m’égarer au retour. Ainsi, il est près de dix heures et demi du soir. Il me faut établir un plan de secours. De toute façon, je perds deux jours sur mon planning.

J’ai une date limite pour mon retour. Il a été fixé au 27 mai et ce pour des raisons personnelles mais est également défini par un planning de grèves sur le réseau SNCF.

Je téléphone à Pat qui me réserve une autre chambre à Madrid pour le lendemain. Ainsi, j’ai deux jours à tuer dans cette ville.



27 avril 2018


La nuit a été très calme. Puisque je reste à Madrid aujourd’hui, je ne suis pas trop pressé de quitter le logement. C’est vers 11h30 que je quitte les lieux. Je me dirige vers le centre-ville. Pat m’a réservé une chambre dans une auberge de jeunesse près de la Plaza Major. Je trouve un restaurant pas très loin. Au centre-ville, il y a encore une manifestation qui revendique je ne sais quelle cause. C’est chose courante dans la capitale Espagnole. Du reste, il y a toujours des manifestations de toutes sortes à Madrid. Ensuite, je vais me promener dans un parc en contre bas du palais royal, cela s’appelle « los Jardines de Sabatini » c’est un endroit beaucoup plus calme. Il est fréquenté par des étudiants en arts. Ils recherchent sans doute un bon endroit pour symboliser une œuvre qui figure depuis de nombreuses années en ces lieux.

Puis je me dis qu’il serait judicieux d’aller faire tamponner ma crédenciale à la cathédrale afin de marquer mon passage de pèlerin dans cette ville. Je remarque un petit bureau où quelques objets sont mis à disposition pour les touristes. Je fais ma demande, mais la jeune personne, d’ailleurs très sympathique, me dit que les cachets sont délivrés dans une autre église, à Parroquia Santiago y San Juan situé dans une rue pas très loin de là. Mais à cette heure, celle-ci est fermée, le portail ouvre ses portes a 18h00. Qu’à cela ne tienne, je reviendrai dès cette heure.

A force de petite balade dans la ville, voici 14h00 qui s’annonce. Je vais de ce pas prendre connaissance de mon nouvel hébergement. Je me dirige donc vers le « Toc Hostel Madrid ». Au moins, je pourrai laisser mon sac en ce lieu et je serai ainsi alléger de la sorte. Dés que je rentre dans l’immeuble, je me rends à la réception. C’est quand même plus facile pour s’exprimer que par téléphone. L’enregistrement est réalisé et c’est votre empreinte de doigt que déverrouille la serrure de la chambre. Il s’agit d’un dortoir, six personnes peuvent prendre place dans la chambrée. La vie de pèlerin commence dès cet instant.

Plus tard, je retournerai à l’église. J’y serai reçu par un prêtre qui me demandera mes motivations. Quoique de plus normal en quelque sorte. C’est un nouveau voyage sur un parcours chrétien que je commence à nouveau. Quand je lui dis que je compte me rendre à Sevilla et ensuite traverser l’Estremadura par la Via de la Plata. Il me répond :
« Vous allez y avoir chaud sur cette piste, mon jeune ami »
A présent, je peux démentir ses dires, car à cette époque de l’année, jamais n’ai subi de grandes chaleurs. Peut-être suis-je tombé sur une année rarissime.

Vers 21h00, je rentre dans la chambre. Il est temps de prendre le rythme. Dans quelques jours, ce sera probablement aux alentours de cet intervalle que je me coucherai, vu que le réveil risque de se situer aux aurores. C’est aussi un principe pèlerin.

Je suis tranquille dans la chambre. J’ai remarqué qu’un autre lit est occupé, mais pour l’instant il n’y a personne. Toutefois, je ne dormirai pas de suite. Grâce à Internet, j’écoute une radio locale concitoyenne et je l’apprécie à sa juste valeur. En même temps, je me détends avec un peu de lecture. Ce sont des fichiers inébranlables sortis tout droit de mon portable qui ont l’avantage d’être abondants et de ne rien peser dans mon sac à dos.


28 avril 2018


Etant au centre-ville et face à la rue, comme je le soupçonnais le bruit de la ville se répand à foison dans la chambre. D’autant, que la fenêtre est restée ouverte. Cela n’aurait pu en être autrement, il est plus que nécessaire d’amener un peu d’air frais dans cet endroit.

Je me resigne et tester à nouveau, une paire de boules Quies. Pour moi, c’est généralement efficace et heureusement approbateur à un sommeil bienséant.

Dès le matin, je m’aperçois que nous étions quatre à partager la chambre. Un couple s’étaient installés dans les lits d’en face mais étaient restés très discrets. Je ne les avais à peine remarqués. De plus, ils étaient partis assez tôt ce qui fait que j’aurais bien eu du mal à leurs attribué une physionomie. Par contre celui qui s’était installé en dessous de moi, bien qu’il n’eût pas été d’une grande gêne, avait fait la java toute la nuit. A présent, il dormait à poings fermés.

Je reste dans la chambre jusqu'à 10h00. Je connais un établissement à deux pas d’ici qui offre un buffet petit déjeuner pour 6€, cela me convient très bien.

Ensuite, je me dirige vers le parc du Retiro. C’est très bien pour y passer une journée a flâné. Mais la journée n’est pas vraiment radieuse. Le temps a bien changé depuis hier. Je suis à la recherche d’un banc placé dans une zone ensoleillée. Mais, le soleil ne renvoie que peu de chaleur, vu qu’il y a de plus en plus de nuages dans le ciel. J’ai changé plusieurs fois de place. J’ai parcouru le parc de long en large. En fin de compte, je me demande si je n’ai pas déambulé autant que si j’avais dû marcher une journée de randonnée normale. Je croise un petit restaurant, il doit être dans les quinze heures, je consomme une pizza. Par instinct, je me retrouve non loin de la gare d’Atocha. Il est encore loin d’être l’heure, mais avec ce vent cela devient très désagréable de marcher sans vraiment de but. Je m’y rends donc. Par curiosité, je vais observer s’il y a une longue file aux guichets des réservations de billets. Non, c’est vraiment beaucoup plus fluide. Seulement une cinquantaine de personnes attendent leur tour. Cela me fait bien rire, de toute façon, ils ont intérêt à voyager dans quinze jours, s’ils veulent attraper un train qui pourra les accueillir. J’attends encore près d’une heure, puis vu qu’il est presque 19h30, je monte à l’étage. C’est prévu ainsi pour les relations longue distances. Mon train est dans une heure, mais attendre ici ou en haut n’a que peu d’importance.

Premier contrôle de mon ticket avant de passer mon bagage au scanner. On ne lésine pas sur la sécurité. Depuis les attentats, celle-ci est indubitablement renforcée. Deuxième contrôle avant de déposer mon sac à dos sur le tapis roulant pour observation. Voilà, je suis dans le grand hall où les liaisons grande ligne partent. Il est à présent impossible de retourner en arrière, sans devoir de nouveau repasser par tous les contrôles.

Toutefois, il y a quelques distractions, dont un espace Web gratuit. Et celui-ci fonctionne admirablement. Alors on rezape sur les mobiles. J’en profites pour remettre à jour mes cartes pour mon application GPS, cela pourra sans doute me servir plus tard. Enfin, je passe le temps. De toute façon, impossible de se rendre à quai, la voie ne sera affichée qu’en dernière minutes. En effet, vingt minutes avant le départ, le tableau renseigne sur le quai où se rendre. Et c’est de nouveau la folie, tout le monde veut embarquer en même temps. C’est sans compter sur un nouveau contrôle avant de pouvoir descendre sur les quais. Donc, une file se propage à la vitesse de l’éclair prenant des proportions effarantes. Rappelons que les trains sont complets. Néanmoins, dés le moment où les gens respectent leur ordre, l’avance est cependant rapide.

Je suis sur le quai 11, il est 20h20, mon train est affiché c’est l’AVE 02202 vers Malaga M. Zambrano JBA, Puente Gentil HI… la suite des destinations défile sur l’écran. Le long ruban des voitures s’allonge à l’infini, et comme de bien entendu, je dois me rentre à l’autre bout du quai. Au centre, deux motrices sont attachées, je ne peux que remarquer la forme aérodynamique de cet ensemble moderne. Je trouve enfin ma voiture. Et je m’installe dans le coche 22, il est 20h30. Le niveau de la classe est prestigieux. Tout est soigné, les places sont larges et particulièrement confortable. Un écran de télévision diffuse un film.

A 20h43 nous roulons déjà à 189 km/h cette vitesse sera portée à 300km/h dans 20 minutes. Selon l’affichage, il fait 15°dehors.

Après un voyage tranquille, le train rentre en gare de Séville. Il est 23h30. Je me dirige vers la salle des pas perdus. La plupart les voyageurs quittent rapidement les lieux et bien vite l’immense hall se retrouve quasiment désert. Je m’assis sur un banc et je réfléchis. Vais-je rester quelques à attendre le levé du jour à cet endroit ? Sinon, que faire ?


29 avril 2018


Premier jour de marche : Séville - Santiponce - Castilblanco de los Arroyos

42.42km - 407m + départ Sevilla : 23h37(le 28-05) - arrivée Castilblanco : 13h35


Je suis assis depuis cinq minutes. Je remarque un couple de jeune gens qui déambulent avec leur vélo. J’observe une vielle personne assise sur un banc, elle possède des sacs en plastique dans une poussette de magasin, probablement une SDF qui viens se réfugier quelques instants dans un endroit abrité. Pour combien de temps, avant que la sécurité la force à quitter les lieux ? Je ferais bien d’y prendre garde, avant qu’il ne m’arrive quelque chose de similaire. Il ne fera pas clair avant sept heures cela risque d’être empirique quelque fusent mon choix.

Je n’ai guère l’habitude de marcher de nuit. Qu’à cela ne tienne, cela sera une nouvelle expérience. Et après tout, ne suis-je pas là pour tester une nouvelle aventure insolite.

Je me lance. Il est bientôt minuit et il pleut légèrement. En outre, un vent frisquet me fait frissonner. Je remets donc une épaisseur. Ne croyez pas que la ville est calme, nous sommes dimanche et toute une vie se développe. Une bande de jeunes en vadrouille chahutent lorsque je traverse un pont alors que je n’ai pas fait cinq cents mètres. Un individu relativement éméché me demande si je n’ai pas d’eau à lui présenter. Je passe mon chemin, restant indifférent.

Je passe à l’arrière de la cathédrale, ce lieu de culte est bien entendu fermé. C’est plutôt l’heure de la débauche plutôt que celle du culte. Cependant je suis étonné, le centre-ville de Séville est beaucoup plus calme que celui de Madrid. Il est vrai que celle-ci est réputée pour sa vie nocturne où danser et batifoler jusqu’au matin est chose habituelle.

J’évolue par les petites rues. Il ne pleut plus, d’ailleurs cette humidité n’a été que de courte durée. Je passe devant la Plaza de Toros de la Maestranza, mon GPS m’indique que j’ai déjà parcouru plus de trois kilomètres. Je passe dans un espace piétonnier et traverse le pont de Triana, aussi appelé Le Pont Isabelle II. Il enjambe la darse du Guadalquivir, qui traverse la ville du nord au sud. Mon chemin continue par la traversée d’un parc qui aboutit directement sur un autre pont longeant l’autoroute et qui traverse le grand fleuve Guadalquivir. Après, j’emprunte un chemin de traverse qui m’isole pour un temps de la ville. Je ne sais si ce parcours, fournis par mon GPS, était des plus judicieux car il est occupé par une multitude de chiens errants qui ont une folle envie d’en découdre. A peine sorti de cette zone turbulente, je me retrouve sur un itinéraire du chemin de Compostelle, je remarque certains fléchages.

Comme la zone est campagnarde, bien que l’autoroute poursuivre sa progression a quelques centaines de mètres, je fais un petit détour pour m’éloigner d’un endroit où j’ai entendu de furieux aboiements. Vu mon expérience récente, je préfère éviter de me retrouver face à face avec un molosse. En fait je n’avais aucune raison de m’inquiéter, il s’agissait d’un bâtiment industriel particulièrement bien surveillé mais protégé par une zone sécurisée.

Après avoir sillonné sept kilomètres, en passant sous le pont de l’autoroute, j’aborde Camas située dans les faubourgs de la ville. Je longe les blocs de bâtiments urbains. Ce sont des cubes blancs, ils sont pratiquement identiques et rapprochés, sans grand esthétique. Ils ne sont conçus que pour le logement des citadins.

Je longe une longue piste cyclable afin de rejoindre Santiponce. Peu après je quitte enfin la ville.

Je quitte la route pour une piste empierrée qui me conduit dans un premier temps dans des jardins particuliers puis ensuite viennent les champs. Le chemin me reconduit vers la grande route, bien que restant en site propre. Ensuite, je repasse sous l’autoroute et longe pendant pas mal de temps la Rivera de Huelva. Je passe au pied d’un énorme cylindre tout en hauteur. Ce n’est en réalité, qu’un château d’eau. Celui-ci est décoré de deux dessins. C’est un aboutissement visuel rappelant certaines bandes dessinées japonaise. Ils sont d’une taille impressionnante. Or, il fait nuit et impossible de réaliser une photo par manque de lumière. Après un bref détour pour traverser la A-5079, j’emprunte un chemin fléché. Ainsi vient, une longue ligne droite qui se prolongera pendant près de huit kilomètres.

Je marche ainsi dans la nuit profonde. La pleine lune ainsi que la voute céleste sont complètement dégagées. Cela me permet de me diriger aisément. Mon GPS me fournit également un tracé très approprié. Je porte cependant une lampe frontale, mais ne l’utilise que sporadiquement. D’autre part dans cette campagne, j’avance sournoisement. Et pourquoi cette discrétion, me direz-vous ? Parce qu’a chaque fois que je produis de la lumière, j’entends des aboiements de chiens. Parfois ils sont très proches, mais en réalité, je suis tenté de penser qu’ils sont vraisemblablement en captivité. Ils doivent surement surveiller leur propre territoire derrière une enceinte. Quoi qu’il en soit, je préfère rester discret.

Dans une zone en contre bas, une rivière barre le chemin. Tâtant avec précaution, à l’aide d’un de mes bâtons, je remarque de suite qu’il me sera impossible de traverser sans me déchausser. J’enlève aussi mon pantalon et glisse mes pieds dans ma paire de sandale afin de me protéger d’un corps étranger qui pourrait trainer au fond de ce cours d’eau. Mes chaussures liées autour de mon cou et mon sac à dos porté au plus haut, je progresse dans l’eau glacée d’une couleur douteuse en sondant à chaque pas pour éviter de tomber dans un trou. Enfin, j’arrive sur l’autre rive. J’ai eu toutefois de l’eau jusque mis cuisses.

Ce bain forcé n’est pas fait pour me réchauffer. Je me sèche donc et je m’empresse de remettre ma tenue de randonneur. Néanmoins, des arbres bordent mon arrêt forcé. Ainsi donc, il est inévitable que j’allume ma lampe. Cela ne dure qu’un instant, et déjà des chiens ont remarqués ma présence. Je me presse donc à quitter cet endroit hostile et lugubre.

En haut d’une colline, je remarque une ferme. Je m’empresse de passer mon chemin. Plusieurs cerbères canins émettent leur clameur caractéristique. Je viens de marcher pendant plusieurs heures, et je ressens à présent quelques lassitudes. Mon GPS m’indique que j’ai parcouru 21.7 km. Il est près de quatre heures du matin. Le long de la route, sur le côté gauche, je remarque qu’a intervalle régulier se trouve des gros cylindres en bétons qui dépassent du sol d’environ quatre-vingt centimètres. Ceux-ci sont recouvert par une dalle épaisse et servent probablement pour l’irrigation des cultures en été. Ma lampe frontale balaie l’horizon en un tour général. Je prête l’oreille, ne reçoit aucun bruit, aucune clameur. Ce tube convient très bien. Il se verra être un havre serein et pour peu d’une sécurité toute relative.

L’expérience m’as forcé a emporté un léger matelas gonflable. J’ai une sainte horreur de dormir à même le sol, c’est parfois utile dans certaines situations extrêmes. Ainsi, comme je suis dans ce cas de figure, après l’avoir gonflé, je suis prêt pour passer le reste de la nuit à la belle étoile. Et ce n’est pas peu dire car le reflet de celle-ci m’oblige à me couvrir entièrement le visage avec mon sac de couchage. Ainsi, je m'allonge pour quelques heures en pleine nature à un endroit à l'abri des regards. Il ne pleut pas mais il y a beaucoup d'humidité et une petite brise ne porte pas la température à plus de 7°. Bien au chaud dans mon sac de couchage, je ne tarde pas à sombrer dans les limbes.

C’est un tracteur passant sur la route qui me sort de mon sommeil. Je ne pense même pas que le conducteur n’a remarquer quoi que ce soit. Il continue son chemin sans s’attarder. Peut-être, qu’il n’en marque que de l’indifférence à ce genre de situation. Il reste, qu’il a sans doute d’autres chats à fouetter.

Quoi qu’il en soit, je ne désire pas m’attarder à cet endroit plus longtemps. Je replie mon bagage puis je reprends mon chemin. D’ailleurs, il est près de 8h00 et les oiseaux gazouillent et batifolent dans la campagne souriante. Les rayons du soleil portent déjà au-dessus de l’horizon. Le chemin tourne un peu plus loin et rejoint une grand-route nommée la A-460. Je passe devant la Residencia Canina y Felina Ruta de la Plata. Décidément, la gente canine m’accompagne partout c’est dernier temps.

Une demi-heure plus tard, j’aborde la petite localité de Guillena. Je dépasse l’auberge « Luz del Camino », tout est calme. Elle n’a probablement pas hébergé de pèlerins cette nuit. Ou tout au plus, ils sont déjà partis. A l’origine, j’avais pour but de m’y arrêter pour la nuit. En fin de compte, par cette marche de nuit, je viens de regagner un jour sur mes prévisions.

Il est temps à présent de se diriger vers un bar ou je pourrai prendre mon petit déjeuner. J’ai bien de quoi survivre dans mon sac, mais c’est toujours plus alléchant de se réconforté par quelque chose fraichement préparé. La première vitrine est fermée mais je repère rapidement un autre établissement. Celui-ci est ouvert, et déjà une activité fébrile anime la salle.

Il s’agit d’un bar typique de l’Andalousie, on remarque la pompe à bière qui fait toujours partie du décor. C’est très courant en Espagne même dans les villages les plus reculés. Au-dessus du comptoir des jambons et autres embutidos sont accrochés à des sortes de pendoirs. Aux murs des images qui évoquent le chemin de Compostelle montre que celui-ci reste très populaires en cette région.

C’est alors le moment de commander un solide repas avec un bocadillo con jambon, café con léché, et sumo pour quelques euros… D’ailleurs, je reprendrais bien un second café, cela ne me ruinera pas.

Je quitte cette petite ville, en même temps que deux autres pèlerins. Pourtant, ne m’avait-on pas prévenu que je n’en rencontrerais que très peu? Voilà qui me réconforte, je ne serai probablement pas seul très longtemps, pour autant qu’un dialogue puisse se créer.

Je marchais plus vite qu’eux, et je ne les jamais revus par la suite. Dans un premier temps, on longe la route qui nous dirigent vers la sortie d’une petite zone artisanale. Je quitte alors les secteurs urbains pour m’engager dans un chemin champêtre. Peu après, je passe devant l’école de pilotage, je suis du reste assez surpris par l’avion léger qui passe au-dessus de moi à plusieurs reprises.

Le terrain à cet endroit prend l’allure d’une douce pente ascendante. Je croise plusieurs fois, un jeune homme qui lambine un peu. Et c’est ainsi que je fais la connaissance d’un espagnol. Il parle un peu français mais a besoin de le rafraichir. Cela me convient bien, mon espagnol a besoin aussi d’être améliorer. Nous nous côtoierons pendant plusieurs jours, il me parlera en français, je lui répondrai en espagnol. C’est un bon échange de procédés. Très rapidement, je saurai qu’il se nomme Jerónimo. Il habite à Barcelone mais provient d’Estrémadure. Cela tombe bien, c’est dans cette contré que je compte me rendre.

C’est vers 14h00 que nous arrivons à Castilblanco de los Arroyos. Nous passons devant la station Repsol et l’albergue se trouve juste derrière, en peu en hauteur. Nous sommes pris en charge par un hospitalier qui nous dirige vers le dortoir. Le prix n’est pas défini, chacun donne ce qu'il lui semble correct. On appelle cela le donativo.

On commence par faire sa lessive que l’on met pendre sur une grande terrasse située au-dessus du bâtiment. Ainsi on peut observer tout le village.

Ainsi, j’adopte très vite cet autre régime de vie. Il se trouve, qu’il serve à diner au café situé presqu’en face et que j’en profiterais bien pour aller jeter un coup d’œil au menu du jour.

L’ambiance dans l’établissement est un peu turbulente, mais il va falloir s’y habituer. De plus, nous sommes dimanche et celui-ci est bondé.

Plus tard après une petite sieste, je me dirige vers les cuisines. L’hospitalier prépare le petit déjeuner pour le lendemain matin. Je retrouve Jerónimo et d’autres compagnons. Les discutions vont bon train, rarement en langue française. J’essaye d’y prêter une attention particulière.

La literie est confortable, nous sommes tout un groupe situé dans deux chambres adjacentes. Je prépare mes protections auditives.

Sur mon lit, je repense à ma journée particulièrement copieuse. Depuis Séville, j’ai parcouru un peu plus de quarante-deux kilomètres. Ce fut un peu semblable à un marathon… mais comme je n’ai pas couru, je n’en ai pas perdu la vie. Toutefois, je ne m'en croyais pas capable...



30 avril 2018

30avril

Castilblanco de los Arroyos - Almadén de La Plata

29.29km - 535m + départ Castilblanco : 7h37 - arrivée Almadén : 13h33


En fait, nous étions dix huit dans l’auberge municipale. Elle était presque complètement occupée. Vu ces circonstances Jerónimo m’a conseillé de réserver une place à notre prochaine étape. Cela nous évitera de devoir galoper pour arriver les premiers. Ainsi, il réserve trois places. Le premier qui arrive retient et positionne les autres, si cela est possible.

J’ai dormi comme un loir, et pour causes, après les kilomètres d’hier, j’étais vraiment fatigué. Après m’être installer sur mon couchage, j’avais lu trois pages d’un roman sur mon portable. Celui-ci était resté allumer toute la nuit. Heureusement, il était branché sur le secteur.

Je me réveille en sursaut. Dans un premier temps, je n’ai pas encore compris que je suis loin de chez moi. Progressivement, je reprends pied. Je jette un coup d’œil a ma montre. Mince, il est près de sept heure, ils sont quasiment tous partis.

Après avoir remballer mon barda, cela ne prend que cinq minutes, je passe à la cuisine. Reste t’il quelques choses à avaler pour le petit déjeuner ? Oui, car tout le monde est honnête (normalement) et ne se goinfre pas, même si c’est compris dans le prix. Ce matin, j’apprécie vraiment la salade de fruit préparée avec amour par notre hôte.

Il est passé sept heures trente lorsque je pars. Mon copain l’espagnol d’hier est déjà partit. Bien, je partirai seul encore ce jour. Je respecte encore une fois mon vœu d’être solitaire.

Je découvre la ville, déambulant dans les rues étroites, je n’ai pas encore remarqué de flèches. Je débouche sur la grande route qui conduit à la prochaine ville. En face se trouve une fontaine, une sainte relique trône au centre d’une arche disposée au centre de l’étrange édifice. Sur la face avant, un petit panneau arbore l’insigne du chemin ainsi qu’une flèche directionnelle.

Cette route, nous la suivront pendant quinze kilomètres. La circulation n’est pas abondante, il s’agit d’une route secondaire. Impossible de faire autrement, par contre après cette fatalité du macadam, notre récompense se prépare. En effet le chemin nous conduit dans le Parque Natural de la Sierra Norte de Sevilla.

A suivre…